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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 10:48

seins-imigani-copie-1.JPGPour comprendre la réalité de la sexualité rwandaise dans le mariage, qui a comme but la descendance selon les rwandais, nous devons réaliser comment le gukuna, la conception du corps de la femme et d’autres techniques du corps deviennent d’indispensables clefs de lecture de la cosmologie rwandaise. En ce sens, la virginité des femmes reste socialement valorisée (surtout par les hommes), même si aujourd’hui elle ne conditionne plus le mariage.

Le gukuna conditionne la sexualité rwandaise. Elle repose en effet sur une série d’actes codifiés : les deux partenaires sont assis l’un en face de l’autre avec les jambes croisées les unes entre les autres (dans la même position que pendant le gukuna). Cette position croisée des partenaires permet à l’homme de réaliser le kunyaza, qui consiste en une technique particulière de stimulation du clitoris (l’homme tapote le clitoris avec son pénis). D’après les interlocutrices, le kunyaza permet aux femmes de « faire beaucoup d’eau » (amazi). Si une femme n’en produit pas assez, ou pas du tout, elle est appelée igihama, du verbe guhaama, cultiver un champ durci par le soleil (Jacob 1983, 437). Les Rwandais utilisent le même mot pour les femmes qui perdent le lait après l’accouchement (Taylor 1992, 70-71).

Le kunyaza permet à la femme d’atteindre un degré d’excitation élevé et c’est seulement quand elle est sur le point d’avoir un orgasme qu’elle se couche sur le dos et que le rapport continue avec pénétration. Le verbe utilisé à propos de l’excitation féminine est kunyaàra, qui signifie usuellement « uriner », mais qui en connexion avec la sexualité, signifie « produire d’abondantes sécrétions vaginales pendant le coït » (Jacob 1983, 482), ce qui est socialement valorisé. Dans les paroles de mes informatrices, c’est l’alliance du kunyaza (technique masculine), et du gukuna(technique féminine de préparation du corps), qui leur permet d’« arriver à destination », kuraanziga (on notera que le terme utilisé pour désigner l’accomplissement de l’acte sexuel, l’orgasme, n’est pas le même pour les hommes, pour lesquels on parle de gusohora).

Cette capacité à produire des sécrétions vaginales pendant l’acte sexuel semble avoir été moins valorisée en lien avec le plaisir qu’avec la procréation. Selon la tradition, si une femme n’arrive pas à avoir des sécrétions copieuses, on la considèrera comme une mauvaise mère et on la comparera à des éléments de la nature qui ne peuvent pas se reproduire. On dit dans ce cas-là que les filles sont des mukagatare, et les fils des gatare, des pierres plates et larges, à savoir les symboles d’une maternité impénétrable, sèche et dure comme les roches, qui ne sont pas fertiles. Une femme est considérée comme fertile si elle échange ses fluides avec son mari, exactement comme la terre baignée par la pluie. Elle devrait fournir au patrilignage des enfants que la société espère de sexe masculin pour assurer la transmission du bien le plus précieux : la terre.

On peut alors voir dans cette pratique de la sexualité l’effet de représentations propres à la société rwandaise. Dans la société rwandaise, encore aujourd’hui, les fluides comme l’amazi, l’eau ; l’amata, le lait de vache ; l’urugwagwa, la bière de bananes et l’ubuki, le miel, sont valorisés, symboles des liens sociaux ainsi que des liens entre le monde de la nature et le monde social (Taylor 1988 ; 1992). La bière pour les hommes, et le lait pour les deux sexes, symbolisent une fluidité sociale permettant les relations avec les amis et les visiteurs, même lors d’occasions officielles telles que les mariages. Si l’amata (le lait de vache) est l’élément de base dans le régime alimentaire traditionnel (chaud ou caillé), l’amashéreka (le lait maternel) est l’aliment transmis de la mère à l’enfant, tout comme l’eau sous forme de pluie est le gage de la fertilité du sol. Au niveau symbolique, le sol « apparaît comme identifié à la mère où s’enracine et se perpétue le patrilignage. Le bon comportement de l’épouse garantira la fécondité de la terre, du bétail et des abeilles avec lesquels elle est placée dans une relation homologique à celle qu’elle-même entretient avec son mari » (de Lame, 1999, 45). Si le gukuna n’était pas réalisé, ou était mal réalisé, on considérait que cela constituerait un danger pour la récolte, pour les semences et, surtout, pour les troupeaux. On attend du gukuna de l’eau, sous la forme de sécrétions vaginales abondantes pendant le rapport sexuel, le plaisir sexuel féminin étant ainsi indirectement la garantie d’un bon mariage. Celui-ci est la conséquence du fait que la femme a suivi toutes les étapes rituelles pour y arriver ; elle a ainsi modelé son corps, qui est ainsi devenu le symbole de toute la maison et de l’enclos. Elle sera une bonne mère parce qu’elle a empêché grâce au gukuna la fertilité de s’échapper. Son corps, comme la terre, devient ainsi sacré : elle sera d’abord une bonne épouse puis une bonne mère parce que baignée par ses secrétions et celles de son époux.

Aujourd’hui la terre n’a plus la valeur symbolique d’autrefois, à cause de l’introduction et de la circulation de la monnaie, qui n’existait pas avant la colonisation. Jusqu’aux années 1990, avant la réforme du droit familial, la terre était la propriété exclusive des hommes; les femmes ne pouvaient même pas en hériter, même en cas de veuvage. La femme, épouse et mère, comme la terre, assure la perpétuation du patrilignage de son mari ; le pouvoir des femmes était déterminé par l’ascendant du lignage de leur père et par leur capacité à gérer les biens de leur mari (de Lame, 1999, 45). Il n’est alors pas aléatoire que le terme désignant le mari, umugabo soit dérivé du verbe kugaba, qui signifie « donner gratuitement », et aussi « être maître, commander » (Jacob, 1983, 308). Il donne son sperme, sert le lait aux invités, lègue la terre à ses fils. Les femmes sont tout à fait contrôlées par les maris : elles travaillent leurs terres, que la pluie rend fertiles ; à travers les enfants, elles augmentent la puissance, symbolique ou non, du groupe de parenté tout entier. Mais « si les hommes possèdent la terre et les femmes, les femmes sont la terre » (de Lame 1999, 48) et les maris ne peuvent pas se passer d’elles.

Cette appropriation des femmes et de la terre par les hommes est mise en évidence par le symbolisme qui entourait la première nuit de noces : le contact sexuel ne se faisait pas principalement par voie sexuelle, mais après une « lutte entre » les partenaires. Il s’agit d’une tradition qui fut très combattue par l’Église et qui n’est plus aujourd’hui qu’un souvenir, dans les cérémonies actuelles. Lors de cette bataille, la mariée devait faire de son mieux pour ne pas être dominée et, pour cela, elle s’enduisait le corps de beurre. Le mari devait tester la virginité de sa femme à travers l’introduction d’un doigt dans ses parties génitales et c’est seulement après cela qu’il y avait une pénétration, incomplète. Les quelques gouttes de sang qui tachaient le tapis après la rupture de l’hymen devaient se mêler avec le sperme : c’était ainsi que le mariage était validé. Cet échange de fluides avait lieu par terre dans la maison du nouveau mari, où la mariée était allée vivre. Les missionnaires appelaient kushereza, destruction, cette éjaculation par terre, au même titre que le coitus interruptus et que la masturbation. C’est parce qu’ils étaient considérés comme un péché d’onanisme que certains rituels du mariage traditionnel furent interdits officiellement pendant la colonisation.

De plus en plus déconnectés cependant aujourd’hui des références agricoles, les discours contemporains présentent des articulations très variables entre sexualité, plaisir et procréation. Le médecin contemporain Nsekuye Bizimana ne mentionne pas le gukuna, mais seulement le kunyaza, qu’il décrit comme une technique masculine efficace pour déclencher l’orgasme féminin (Bizimana 2010, 168). Il s’agit selon nous d’une vision partielle et machiste, qui marginalise la participation féminine. Nos échanges avec les femmes montrent au contraire leur participation active à la vie sexuelle, dans cette société patriarcale. S’il est vrai que les femmes plus âgées disent « nous le faisons pour eux », en même temps, elles apprennent à connaître leur propre corps, et à l’écouter, pour leur propre plaisir, même si cet aspect n’est pas recherché dans le rituel, mais peut, parfois, être une conséquence du massage. Apprendre ces techniques dans une société inégale, patriarcale, permettrait aux femmes, d’une part, d’établir des amitiés durables avec leurs consœurs, et donc une forte solidarité, et d’autre part, cela leur offrirait la possibilité de reconnaître des capacités corporelles qui seront « exploitées » pendant l’acte sexuel. Certaines de mes interlocutrices, qui sont devenues mes amies, des femmes scolarisées, proches de mon âge (entre quarante et cinquante ans), ont affirmé être contentes de posséder, grâce à cette pratique, des secrets du corps. Elles sont conscientes d’un savoir-faire sur le corps et pour le plaisir du corps, féminin et masculin, qui défie aussi les idées reçues de l’Église et qui, d’une certaine façon, rééquilibre les rapports entre les sexes, même si cela ne se traduit pas par une égalité. Elles disent que le gukuna, associé au kunyaza, amènerait au plaisir en un temps assez rapide et que les hommes aiment les femmes qui participent activement au rapport. De plus, les hommes, parfois, disent que le kunyaza est une sorte d’épreuve mise en place par les femmes, lesquelles peuvent se moquer d’eux quand elles considèrent que leur partenaire n’est pas trop capable dans cet « art ». Ainsi, une incapacité dans le kunyaza est presque considérée comme de l’impuissance, et ce qui a pu avoir, autrefois, des conséquences graves sur le patrilignage, en a, aujourd’hui, sur la réputation auprès des amis.

 Texte tiré de : 

Plaisirs croisés : gukuna-kunyaza. Missions, corps et sexualités dans le Rwanda contemporain, par Michela Fusaschi

 

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Published by Gaspard Musabyimana - dans Sexualité à la rwandaise
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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 16:40

orgasme2.jpgChez la femme, la qualité de l'orgasme est influencée par le cycle menstruel. Elle n'est pas toujours aussi sensible aux stimulations sexuelles. L'homme avec qui elle fait l'amour, ses expériences sexuelles précédentes et ses sentiments du moment sont également des facteurs déterminants.

La femme n'a pas tous les jours autant envie de faire l'amour. La plupart des femmes sont le plus facilement excitables juste avant ou après la menstruation. Chez d'autres cependant, ce moment se situe pendant la menstruation ou l'ovulation.

Lorsqu'une femme surveille pendant quelques mois son cycle menstruel et le met en rapport avec les orgasmes qu'elle a eus, elle verra elle-même la différence.

Cette connaissance d'elle-même peut lui épargner bien des déceptions : lorsqu'un orgasme lui procure moins de plaisir, elle sait quand c'est pour des raisons physiques.

La masturbation

Il est important qu'une femme connaisse bien sa sexualité. La masturbation est une bonne façon de l'explorer. La femme peut ainsi découvrir ce qui l'excite le plus et lui procure les orgasmes les plus agréables.

Si, en prenant son bain, elle se masse avec du savon, elle découvrira tout naturellement les endroits de son corps qui sont les plus sensibles. Après le bain, elle peut également se masser avec de l'huile ou du talc.

Découvrir ses organes sexuels

Partir à la découverte de son corps peut être très utile, car la plupart des femmes connaissent mal leurs organes sexuels. Parfois, elles n'osent même pas les regarder. Cela peut provoquer toutes sortes de craintes et de préoccupations inconscientes, qui influencent l'orgasme de façon négative. Les hommes n'ont pas ce genre de soucis, car leurs organes sexuels sont essentiellement externes. La plupart des hommes les connaissent donc bien. La femme peut cependant aisément regarder son vagin à l'aide d'un petit miroir.

Toutefois, regarder n'est pas suffisant, il faut aussi sentir. Dans le vagin, il y a une zone, appelée la zone G, qui est plus sensible aux stimulations que le clitoris.

Pour bien examiner l'intérieur du vagin, on peut utiliser un miroir spécial comme en ont les gynécologues. Celui-ci se vend en pharmacie. Il peut être aussi très intéressant que la femme examine à nouveau son vagin lorsqu'elle connaît une excitation sexuelle.

Les femmes qui pensent que cela ne leur arrive jamais voient alors les preuves physiques du contraire. Les femmes timides peuvent ainsi découvrir que leur corps réagit tout à fait normalement aux stimulations sexuelles.

Le massage sensuel

Le massage sensuel doit se faire à deux. Il est important de toujours dire à l'autre ce que l'on trouve le plus agréable. Si ces indications sont bien suivies, le massage sensuel peut devenir un prélude très réussi et très excitant.

Comme, après le massage, la femme est entièrement détendue, son orgasme sera beaucoup plus satisfaisant.

Il vaut mieux ne pas masser les organes sexuels, qui sont très sensibles, tout comme les seins et les mamelons.

En effet, le massage sensuel est destiné à stimuler d'autres zones érogènes ainsi que celles qui ne répondent le plus souvent pas directement aux stimuli sexuels.

Les muscles du bassin

L'orgasme est généralement plus agréable lorsque les muscles du bassin sont bien exercés. Les femmes qui n'ont encore jamais ressenti d'orgasme finiront peut-être par en éprouver un si elles développent ces muscles. Le femme peut exercer les muscles situés en profondeur en les contractant pendant qu'elle urine, pour tenter d'interrompre le jet.

Un bon exercice pour les muscles du vagin lui-même consiste à faire comme si on aspirait, puis rejetait un objet dans le vagin.

Toutefois, comme pour tous les exercices, pour que celui-ci porte ses fruits, il faut le pratiquer assez souvent.

Pour voir si les exercices ont donné des résultats, la femme peut introduire un objet oblong dans son vagin, puis contracter les muscles le plus fort possible. Si l'objet est difficile à retirer, c'est que les muscles sont en parfaite condition. Il convient toutefois d'opérer avec prudence de façon à éviter tout accident ou blessure.

Les accessoires sexuels

Un vibromasseur peut s'avérer un bon auxiliaire. Bien entendu, il faut apprendre à s'en servir, pour découvrir où et comment il produit l'effet le plus agréable.

Il ne doit pas forcément être toujours utilisé au même endroit et de la même façon.

Certaines femmes aiment sentir quelque chose dans leur vagin lorsqu'elles se masturbent. Elles peuvent employer pour cela un ou plusieurs doigts, mais peut-être préféreront-elles un godemiché ou un vibromasseur.

Le jeu de l'amour

Bien entendu, l'homme doit aussi apprendre ce que sa femme trouve le plus agréable. C'est surtout important lors du prélude. Comme, le plus souvent, la femme a atteint ses premiers orgasmes en se masturbant, elle connaît elle-même les caresses qu'elle préfère. Malheureusement, la plupart des hommes ne s'y intéressent guère. Ils font ce qu'eux-mêmes trouvent excitant ou ce qu'ils croient que la femme trouve excitant.

Si la femme est timide, l'homme doit tenter de découvrir, par l'expérience, ce qu'elle apprécie le plus. Cependant, il se peut qu'il se trompe totalement, et c'est pourquoi il serait bon que les femmes timides puissent dépasser, ne serait-ce qu'un tout petit peu, leurs inhibitions.

L'homme apprendra aussi beaucoup en regardant la femme se masturber. Toutes les femmes ne seront cependant pas prêtes à le faire en présence de leur partenaire, et il devra donc alors se fier essentiellement à la pratique.

L'orgasme et la relation

La qualité de la relation elle-même exerce bien entendu une grande influence sur l'orgasme. Une femme qui n'est pas bien traitée par son mari ne pourra pas jouir pleinement de l'orgasme. La seule solution réside dans une modification de la situation, qui ne sera peut-être possible que moyennant l'aide d'un expert.

Toutefois, même dans le cas où la relation serait assez bonne, toute amélioration exercera certainement un effet positif sur la vie sexuelle des deux partenaires.

Les fantasmes

Les fantasmes influent considérablement sur l'orgasme. En fantasmant, une femme dotée d'une imagination suffisante peut transformer un orgasme «ordinaire» en une expérience hors du commun.

Certaines personnes n'ont guère de fantasmes sexuels particuliers, mais elles peuvent trouver aisément de quoi alimenter leur imagination. La littérature érotique, par exemple, est une très bonne source d'inspiration. Il peut aussi être très excitant de se raconter l'un l'autre ses fantasmes sexuels.

Néanmoins, tous les fantasmes ne peuvent pas se raconter à l'autre. S'ils risquent d'effrayer, il vaut mieux les garder pour soi. Il est également préférable de ne pas aborder par exemple des fantasmes où intervient une personne connue des deux partenaires.

[Tiré de A. Winandy et alli, Amour et Sexualité, Ed. Christophe Colomb 1990, pp.54-56]

 

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Published by Kiroha
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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 10:36

 

impagaza.JPGDans les années quarante, le gynécologue allemand Ernst Grafenberg signala dans ses travaux la découverte d'une zone érogène située dans la paroi avant du vagin. Lorsque, par la suite, d'autres chercheurs, les Américains Beverly Whipple et John Perry, découvrirent que cette zone existait bel et bien, ils lui donnèrent le nom de G-spot (G pour Grafenberg). Ils s'aperçurent également qu'une femme qui atteint l'orgasme par la stimulation de cette zone sécrète une petite quantité de liquide blanc. Celui-ci s'est révélé avoir la même composition que le liquide sécrété par la prostate chez l'homme. Ils ont également découvert des plexus nerveux (réunion de plusieurs terminaisons nerveuses) semblables dans la prostate et dans la zone G.

Au début, Whipple et Perry se heurtèrent au scepticisme général du monde médical. Celui-ci ne céda que lorsqu'ils démontrèrent que chacune des quatre cents personnes testées possédait effectivement cette zone G. Aucun spécialiste ne pouvait plus nier l'évidence.

Les chercheurs américains mirent aussi en lumière un autre aspect de la question. Ils avaient remarqué que beaucoup de femmes qui utilisaient un diaphragme comme moyen de contraception se plaignaient d'éprouver des sensations sexuelles moins intenses. Elles éprouvaient beaucoup plus de plaisir lorsqu'elles prenaient encore la pilule ou que leur partenaire utilisait un préservatif. Selon Whipple et Perry, cette diminution de sensibilité est due essentiellement au fait que le diaphragme ne couvre pas seulement le col de l'utérus, mais aussi une partie de la paroi du vagin et notamment la zone G. Celle-ci ne peut donc plus être stimulée directement. La solution proposée était de stimuler la zone G avant d'introduire le diaphragme ou, plus simple encore, d'utiliser un autre moyen de contraception.

Qu'est-ce que la zone G?

Il s'agit d'un nœud (plexus) de terminaisons nerveuses et de vaisseaux sanguins, qui est situé près de l'urètre. En temps normal, on ne peut la déceler. Ce n'est qu'en cas de stimulation du vagin que cette zone se met à enfler, parfois très rapidement, et qu'une petite boule apparaît sur la paroi du vagin.

Les spécialistes ne s'accordent pas encore sur la question de savoir si la zone G a une autre fonction que simplement sexuelle. Certains pensent qu'elle se développe pendant la grossesse. Ils fondent cette opinion sur le fait que beaucoup de femmes disent que, lorsque leur zone G est stimulée, elles ont l'impression que quelque chose est poussé vers le bas dans le vagin. Il se pourrait donc que la zone G joue un rôle dans l'accouchement.

Où se trouve la zone G?

La zone G n'est pas aussi facile à trouver chez toutes les femmes. Elle se situe approximativement à mi-chemin entre le pubis et le col de l'utérus dans la paroi antérieure du vagin. Chaque femme peut déterminer par elle-même l'endroit précis. Celui-ci est plus difficile à trouver en position couchée qu'accroupie par exemple. En effet, sous l'action de la pesanteur, la zone se déplace vers le fond du vagin.

La stimulation de la zone G donne parfois la sensation de devoir uriner.

Si la femme introduit son doigt dans son vagin et le déplace vers le haut, la zone G va se mettre à enfler. Au toucher, on dirait une petite boule de la taille d'un haricot. Du reste, la zone G n'a pas la même grandeur chez toutes les femmes. Cela n'influence cependant en rien sa sensibilité. En stimulant la zone G, une femme peut obtenir un orgasme bien plus intense qu'en agissant sur le clitoris.

Une expérience commune

Un orgasme atteint par stimulation de la zone G est bien plus satisfaisant s'il est partagé par le partenaire. Lui aussi peut localiser la zone G chez sa compagne. La stimulation de la zone G au cours des rapports sexuels dépend de la position choisie. Pour la plupart des Occidentaux, la position dite «du missionnaire», est la plus courante. Cependant, elle ne convient guère à la stimulation de la zone G. En effet, le pénis frotte alors surtout contre la paroi arrière du vagin, alors que la zone G se trouve dans la paroi avant.

Les positions qui se prêtent le mieux à une action sur la zone G sont la pénétration par l'arrière, ainsi que les variantes de la position cavalière, où la femme est assise à califourchon sur l'homme.

Dans le premier cas, le pénis atteindra la paroi antérieure du vagin, surtout si la femme bouge quelque peu les hanches. Elle peut aussi dans une certaine mesure guider l'opération.

La zone G est également stimulée lorsque la femme est assise sur l’homme ; la femme peut alors guider le pénis.

La zone G chez l'homme

Les hommes ont également une zone G: c'est la prostate. Cette glande produit notamment la plus grande partie du liquide où se meuvent les spermatozoïdes. Beaucoup d'hommes éprouvent un orgasme bien plus intense lorsque leur prostate est stimulée. Parfois, ils éjaculent même d'une autre façon. Au lieu de se dérouler par à-coups, l'éjaculation prend la forme d'un écoulement lent.

Pour trouver sa prostate, l'homme doit mettre un doigt dans son anus. Il lui sera plus facile d'y accéder s'il se couche sur le dos, les genoux pressés sur la poitrine. En pressant alors sur la paroi avant du rectum, il sentira sa prostate. Celle-ci a à peu près la forme et la taille d'une noix.

Pour l'homme, il est également plus agréable de découvrir cette sensation avec sa partenaire. Il faut simplement faire attention à quelques détails. Tout d'abord, les ongles ne doivent bien sûr pas être trop longs, sans quoi ils pourraient blesser la muqueuse délicate du rectum. Il est également conseillé d'utiliser un lubrifiant soluble dans l'eau. En effet, l'anus ne s'humidifie pas comme le vagin. La plupart des hommes ne sont pas habitués à sentir quelque chose dans leur anus et ne trouveraient certainement pas agréable la sensation d'un doigt qui y pénètre rêchement. Il est bon aussi qu'après l'introduction, la femme attende quelques instants de bouger son doigt, afin de donner à l'homme le temps de s'y habituer. Peut-être certaines femmes seront-elles dégoûtées par cette idée parce qu'elles pensent qu'il se trouve encore des excréments dans l'anus. Ce n'est toutefois jamais le cas, sauf s'il y a constipation. La femme doit cependant laver son doigt immédiatement après pour éliminer les bactéries. Pour éviter tout risque, elle peut naturellement toujours utiliser un gant chirurgical en plastique.

Un homme stimulé de cette façon atteint parfois même un orgasme sans que sa femme touche son pénis. Cela ne veut bien sûr pas dire qu'il soit interdit de stimuler le pénis: son orgasme n'en sera que plus intense.

 [Tiré de A. Winandy et alli, Amour et Sexualité, Ed. Christophe Colomb 1990, pp.88-92]. 

 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 01:42

seins-baluba4--mod.JPGTraditionnellement, la préparation de l’enfant à la sexualité commençait très tôt. Lors de la toilette quotidienne, la mère observait le sexe de son fils qui devait de temps en temps être en érection, signe que l’enfant était sexuellement normal. Sinon les parents commençaient à s’inquiéter d’une éventuelle impuissance de leur fils. En outre, en érection, le pénis de l’enfant devait être bien droit. L’idée était que s’il était recourbé, il aurait de la peine, le moment venu, à pénétrer dans le vagin. Des exercices pour le redresser étaient faits quotidiennement par la mère. Celle-ci veillait également à ce que le gland du pénis de l’enfant soit bien couvert par le prépuce. La verge avec un gland à découvert était dite impare. Elle était qualifiée de tous les sobriquets insultants et avait la réputation d’être jeteuse de guigne. S’il en était ainsi, la mère tirait régulièrement le pli de la peau du pénis dans le but de couvrir le gland.

 

S’agissant de la fille, la mère exécutait, à la même occasion, plusieurs mouvements de bas en haut sur son sexe pour éviter qu’il ne croisse vers le bas, vers l’anus. Car un tel sexe n’était pas apprécié par les hommes. Le sexe idéal était celui dont l’ouverture de la vulve se voyait en grande partie quand la fille était en position debout. Plus tard, les petites lèvres allongées et le clitoris devaient eux aussi s’extérioriser en grande partie. La négligence de cette coutume est exprimée par le proverbe : « Une mère irresponsable rend difforme la vulve de son enfant ».


Le sexe du garçon était testé très tôt dans le souci de s’assurer que sa fonction de reproduction était normale, et donc que la perpétuation du lignage pourrait être assurée. Pour la fille, par contre, on va attendre les manifestations physiologiques de la puberté pour exprimer les mêmes soucis : poussée des seins, menstruation.


La masturbation était fréquente chez les enfants, mais elle était condamnée par les adultes. Les enfants la pratiquaient en cachette. Le garçon jouait avec son sexe en tirant le gland vers les testicules. La croyance populaire était d’avis que, pour hâter la croissance de son pénis et la venue des poils du pubis, le petit garçon devait uriner régulièrement sur de la cendre, ce qu’il faisait avec conviction. Des jeux sexuels étaient courants entre filles et garçons mais ils n’étaient pas pris au sérieux. Une expression rwandaise dit à ce sujet : « effectuer un travail vain comme un enfant qui fait des relations sexuelles avec un autre enfant ».

 

Ces jeux étaient sérieusement réprimés, et d’une façon décisive vers l’âge de huit ans, car la conscience commençait à être éveillée. L’éveil était plus précoce dans certaines familles où les enfants assistaient, d’une façon ou d’une autre, au déroulement des rapports sexuels des parents. L’étroitesse de la hutte familiale, les cloisons intérieures non étanches et, d’une façon générale, la promiscuité dans laquelle vivait la famille, surtout quand elle était pauvre, contribuaient à ce que l’intimité des parents soit vite connue de leurs enfants. M. Vincent (1954, pp.174-175) a recueilli des témoignages concernant l’attitude des parents face à leurs ébats sexuels captés par leurs enfants :


« Oui, ils assistent [les enfants], mais sans rien dire. Les parents tâchent d’éloigner les enfants en les mettant dans un coin de leur maison, quand leur maison est grande. Quand la maison est petite, les enfants entendent toujours s’ils ne dorment pas, surtout quand c’est une femme qui jouit beaucoup. Quand les parents remarquent que leurs enfants saisissent tout à fait ce qu’ils font, ils construisent une petite hutte pour les enfants, s’ils en ont les moyens. Cela va de soi qu’ils entendent, mais ça ne fait rien, ça ne nous fait pas honte. De temps en temps, j’entends les enfants chuchoter, alors je les insulte en disant que je ne veux pas de conversations la nuit. Parfois on les entend tousser, alors nous faisons doucement, parfois les petits pleurent : voyant son père au-dessus de sa mère et celle-ci ne disant rien, l’enfant croit que son père veut étrangler sa mère, mais après, il constate que ça doit être, et puis c’est tout ».


Face à cette situation, les parents réagissaient de différentes façons. L’attitude à adopter variait souvent selon que les familles étaient hutu ou tutsi. Selon M. Vincent (p.181), les Hutu observaient le silence sur la sexualité de leurs enfants. Ils feignaient de l’ignorer et les propos obscènes étaient réprimés. Tandis que dans certaines familles tutsi, « ayant des mœurs plus affranchies », les parents faisaient parfois l’un ou l’autre commentaire plaisant et contribuaient ainsi « à créer dans l’esprit de leurs enfants cette attitude de noble détachement et le sens de la frivolité ».


A l’âge questionneur, les enfants ne manquaient pas de poser des questions embarrassantes sur la sexualité. La plus fréquente, et à laquelle tous les parents avaient la même réponse, était de savoir d’où provenait l’enfant. « L’enfant vient de la bouche », « l’enfant vient du nombril », répondaient les parents à leurs enfants. Le mystère restait entier jusqu’au moment où le jeune homme ou la jeune fille s’initiait en matière sexuelle.


Les enfants, qui partageaient le lit avec les parents depuis la naissance, dormaient seuls sitôt sevrés. Les filles et les garçons, sans distinction de sexe, occupaient un même lit. Le fait qu’ils assistaient aux ébats sexuels de leurs parents a poussé certains chercheurs à conclure qu’il y avait risque de jeux incestueux entre frères et sœurs, lesquels cesseraient vers l’âge de huit ans (L. de Heusch, 1958, p.38). C’est en effet aux environs de cet âge qu’une éducation séparée et spécifique était donnée à l’enfant, surtout à la fille qui se rapprochait de plus en plus de sa mère et des autres filles. Les relations et les contacts avec les garçons étaient de plus en plus limités et contrôlés. Le marquage entre l’enfance et la pré-puberté n’avait rien de spécial chez les garçons.


Dans la tradition, la puberté était notamment connue par les transformations physiologiques chez les enfants. Le trait physiologique qui sonnait une sorte d’alarme chez les parents était l’apparition des poils du pubis. Il plaidait à ce que les enfants, qui jusque là étaient tout nus, commencent à s’habiller pour cacher leur sexe. Ils portaient un pagne qui était un morceau de peau de vache ou de chèvre, selon la richesse de la famille. Le torse restait nu. La fille dont les seins commençaient à pousser n’était gênée en aucune façon. Elle les laissait à découvert mais n’en était pas indifférente, ni elle, ni son entourage. En effet, elle ne pouvait plus se livrer aux jeux des enfants. En sautant ou en courant, elle risquait de balancer ses seins. Elle serait considérée par le public comme mal éduquée.


L’attention, à cette période de la vie, était centrée sur les organes génitaux qui entraient dans leur phase de maturation. La poussée des seins et la menstruation chez la fille étaient de bon augure et des rites spécifiques étaient réservés à ces deux phénomènes. Par contre, la préoccupation était moindre, voire inexistante, concernant les manifestations physiologiques de la virilité chez le garçon, comme la poussée de la barbe ou les premières éjaculations. Alors que le sexe de la fille était modelé, rien d’équivalent n’était prévu chez le garçon. L’on se serait attendu par exemple à des exercices d’allongement du sexe ou à une circoncision, mais rien n’était fait de tout cela.


L’éducation familiale, qui jusque là était dispensée presque indistinctement aux filles et aux garçons, devenait carrément séparée. Le jeune garçon allait dans le sillage de son père qui l’initiait aux travaux masculins et aux obligations socio-familiales. La fille, à côté de sa mère, apprenait les travaux ménagers et entrait dans une période de préparation intensive au mariage. Elle était en outre initiée petit à petit aux secrets des femmes, comme l’utilisation des charmes, et devait veiller scrupuleusement à sa virginité. Elle était obligée, de par la coutume, à se soumettre à un rite primordial, à savoir : le gukuna, c’est-à-dire l’allongement des nymphes. Selon A. Bigirumwami (1964, p.126), les fillettes commençaient le gukuna dès l’âge de 6 à 8 ans. Cependant le début du gukuna pouvait aller jusqu’à 11-13 ans pour les retardataires.


[Tiré du livre de Gaspard Musabyimana, « Pratiques et Rites sexuels au Rwanda », Paris, Editions L'Harmattan, ISBN:2-296-01087-3192, juillet 2006].

 

 

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 23:50

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Au Rwanda ancien, certaines relations sexuelles étaient prohibées par la coutume. Il s’agissait entre autres de l’inceste, de l’homosexualité et de la zoophilie.

Les rapports sexuels incestueux concernaient notamment ceux entre une fille et son père ou entre une mère et son fils. Les rapports sexuels entre une sœur et son frère, ou entre une nièce et ses oncles, étaient également incestueux et donc interdits. Les relations entre une nièce et son oncle étaient caractérisées par une très grande susceptibilité.

Etaient également prohibées les relations sexuelles entre un homme et la fille, même majeure, d’un voisin ayant le même âge que lui. Celui-ci considérait la fille comme son enfant car ayant le même âge que ses propres enfants. Une union quelconque avec elle équivaudrait donc à « déshabiller l’enfant », c’est-à-dire avoir des relations sexuelles incestueuses avec sa fille. Cette « perversion » était admise par contre dans le cas des « filles offertes » aux représentants de Ryangombe, pratique en vigueur surtout dans les régions du Nord du Rwanda. L’objectif de cette offrande était de solliciter la protection des dieux. Quel que soit l’âge du représentant du dieu Ryangombe, la fille devait lui « bourrer la pipe ». Les personnes âgées, une fois au lit, le soir, devaient fumer la pipe avant de s’endormir. C’était le rôle de la femme de chercher la pipe de son mari et de le lui apporter au lit. L’homme, après avoir tiré quelques bouffées, enlaçait sa femme et lui faisait l’amour.

Les enfants nés des unions incestueuses avaient un nom spécial : inyamacugane (les intra-croisés). Il s’agit en fait d’un mot emprunté chez les éleveurs qui, pour améliorer la race du bétail, évitait de croiser les animaux issus d’un même géniteur.

Des cas d’inceste pouvaient s’observer dans la haute classe de l’ancien Rwanda, notamment à la cour royale, lequel se pratiquait au vu et au su des courtisans.

Selon la coutume, les différentes catégories de personnes qui ne pouvaient pas se marier entre elles sont : les descendants dans la lignée patrilinéaire d’un ancêtre commun. Quelques exceptions méritent cependant d’être signalées. Dans des familles pauvres où le jeune homme avait de la peine à trouver la dot, un mariage lui était arrangé avec sa cousine croisée du côté maternel. Les relations sexuelles entre un cousin et une cousine étaient donc tolérées. Une liberté sexuelle était même carrément reconnue par la tradition entre cousins croisés. Le garçon, devenu jeune homme, était encouragé à fréquenter ses cousines croisées mariées afin qu’elles lui donnent des leçons sur la sexualité, théoriquement et pratiquement.

Dans le domaine des rapports sexuels, la consanguinité était, à tous les degrés de la lignée masculine, une cause d’empêchement au mariage. Il était admis par la coutume qu’à partir de la troisième génération, les barrières au mariage étaient de plus en plus levées ou n’étaient pas parfois prises en considération.

Un autre genre de relations sexuelles prohibées par la coutume était l’homosexualité. Celle-ci était rare, voire inexistante à proprement parler dans l’ancien Rwanda. La relative facilité d’avoir des relations hétérosexuelles (entre cousins et cousines, entre un homme et ses belles-sœurs, partenariats sexuels divers,…) peuvent en donner l’explication.

Un autre cas rare de relations sexuelles prohibées était la zoophilie. Au Rwanda ancien, le bétail était promené à travers monts et vallées à la recherche de pâturages. Certains bergers avaient des bêtes favorites avec lesquelles ils étaient familiers. C’est aux heures de midi, quand les animaux étaient couchés à l’ombre des arbres, que les bergers les violaient. Le sexe de la vache ou du mouton était particulièrement prisé. Le berger attrapé par le propriétaire du troupeau était sévèrement puni et renvoyé. Dans d’autres civilisations, l’accouplement avec des animaux étaient d’ordre rituel.

Gaspard Musabyimana

09/03/2011

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 23:40

Musinga et son enfant-photo inforcongoAu Rwanda, hier comme aujourd’hui, l’inceste est considéré comme un tabou. Examinons cette notion dans le Rwanda traditionnel.

Au Rwanda, depuis des temps immémoriaux, les rapports sexuels étaient interdits entre une fille et son père. Ce principe était régi par le proverbe : «Imfizi izira izayo ntigira inyishyu : Il est permis au taureau de monter les vaches données en remboursement, mais celles qu’il a engendrées lui sont interdites ». Ces relations étaient sévèrement condamnées par la coutume. On les désignait pour cela par «kwisubira ku mugongo ou kwisubira mu nda : faire un retour au dos ou au ventre », expressions traduisant un retournement anormal de la situation. Elles donnent l’image d’un père en train d’éventrer sa femme pour forniquer le fœtus ou un père en train d’enlever l’enfant sur le dos de sa mère pour satisfaire ses instincts sexuels avec ce bébé. ça équivaut, ni plus ni moins à un infanticide (l’expresion « kwikora munda : se toucher dans le ‘‘ventre’’ » signifie provoquer, souvent par mégarde, la mort de son enfant).

Les relations sexuelles étaient également prohibées entre une mère et son fils. Le juron : « Urabe unyambuye : que tu me déshabilles (euphémisme pour dire ‘‘que tu fasses des rapports sexuels avec moi’’) était lancé par une mère dans une situation grave dans la quelle elle ne pouvait dissuader son fils autrement. Celui-ci ne pouvait en aucun cas passer outre. L’un des rares cas connus d’inceste entre un fils et sa mère est relaté dans les récits mythiques de Ryangombe qui aurait eu un enfant, du nom de Nyabirungu, avec sa mère Bigaragara.

Les rapports sexuels entre une sœur et son frère, et entre une nièce et ses oncles étaient incestueux et donc interdites. Les relations entre une nièce (umwishywa) et son oncle étaient caractérisées par une très grande susceptibilité. Un oncle ne pouvait rien refuser à sa nièce. Pour devancer, il devait lui donner un cadeau chaque fois que l’occasion de la rencontrer se présentait. Il ne devait jamais lui faire pleurer sous aucun prétexte. Le juron : « Ndakenda umwishywa : que j’aie des rapports sexuels avec une nièce » était le plus grave qu’un homme pouvait prononcer.

Cette interdiction était également de règle entre un neveu et ses tantes. Le proverbe : « Inkururarusya iswika nyirasenge. : le tireur des poils du pubis (le débauché) fait l’amour avec sa tante paternelle ». S’il arrivait à un neveu de transgresser ce tabou, il aurait tous les malheurs du monde.

Etaient également prohibées les relations sexuelles entre un homme et une fille, même majeure, d’un voisin ayant le même âge que lui. Celui-ci considérait la fille comme son enfant car ayant le même âge que ses ouailles. Une union quelconque avec elle équivaudrait donc à « déshabiller l’enfant » (kwambura umwana), c’est-à-dire avoir des relations sexuelles incestueuses avec sa fille. Cette ’’perversion’’ était admise par contre dans le cas des filles offertes (gutura umwana) aux représentants de Ryangombe (abagirwa), pratique en vigueur surtout dans les régions du Nord du Rwanda dans les préfectures actuelles de Ruhengeri et de Byumba. L’objectif de cette offrande était de solliciter la protection des dieux. Quel que soit l’âge de l’umugirwa, la fille devait lui ‘‘bourrer la pipe’’ (gutekera itabi). Les personnes âgées, une fois au lit, le soir, devaient fumer la pipe avant de s’endormir. C’était le rôle de la femme de chercher la pipe de son mari et de le lui apporter au lit. L’homme, après avoir tiré quelques bouffées, enlaçait sa femme et lui faisait l’amour. Il en était ainsi pour la fille offerte. Lui demander de « bourrer la pipe » était synonyme de l’inviter au lit. L’umugirwa couchait avec la fille sans autre considération, cérémonie religieuse oblige.

Les enfants nés des unions incestueuses avaient un nom spécial : ‘‘amacugane’’ (les intracroisés). Il s’agit en fait d’un mot emprunté chez les éleveurs qui, pour améliorer la race du bétail, évitait de croiser les animaux issus d’un même géniteur.

Cependant, à en croire les écrits de ceux qui ont observé les mœurs de l’époque ancienne, des cas d’inceste pouvaient s’observer dans la haute classe de l’ancien Rwanda. Ainsi Louis de Lacger a relevé chez les Rwandais des mœurs « païennes et barbares », mais aussi «le viol, les commerces illicites jusqu’à l’inceste ». Ce constat, il l’a fait dans la classe aristocratique : « Ce n’est pas dans la classe populaire que les mœurs sont le plus dissolues ni même le plus brutales. S’il était un milieu où la dépravation s’affichât naguère avec le plus de cynisme, c’était humainement le plus distingué, celui des riches et des puissants. C’est dans la noblesse surtout que sévissaient (…) les vices contre nature, la débauche, l’envie avec toutes les manœuvres perfides (…) qu’elle suggère (…). Quant au prince polygame, pas plus à lui qu’à eux, femmes et concubines ne suffisaient à apaiser sa lubricité (…). Les enfants, filles et garçons, n’essayaient pas de se dérober aux caresses voluptueuses de leur père » (Louis de Lacger, Le Ruanda, Kabgayi, 1939, pp.134-135).

La cour royale était réputée pour la dépravation des mœurs et le roi n’était pas souvent en reste. Selon A. Pagès : « Les mœurs des grands chefs étaient, certainement, fort dépravées. L’inceste n’était pas inconnu malheureusement ; il se pratiquait au vu et au su de familiers qui n’en parlaient qu’avec répugnance. L’exemple, d’ailleurs, partait du plus haut sommet de l’échelle sociale. Le ‘Mwami’ actuel, car c’est de Musinga que nous parlons, est d’une amoralité absolue. Pour lui aucune règle, aucune réserve, d’où le mot trop fréquent dans la bouche des dignitaires indigènes : ‘‘ Il nous fait honte !’’» (A. Pagès, Cérémonie de mariage au Rwanda (suite), Congo, Revue générale de la colonie belge, Tome II, n°1, Bruxelles, août 1932, p.67). 

Anicet Kashamura relève, lui aussi, qu’il y a effectivement une corrélation entre la dépravation des mœurs et les classes sociales. Si les « tabous et interdits régissent les valeurs sociales, culturelles, morales, esthétiques des individus, établissent une certaine convergence entre leurs intérêts, garantissent l’ordre et la sécurité collective (…), c’est presque toujours sur les classes dominées, exploitées, que ces règles pèsent lourdement. Ainsi les seigneurs, s’ils ont leurs tabous particuliers, s’affranchissent d’un grand nombre d’interdits qui réglementent la vie de leurs vassaux hutu : l’inceste ne leur est pas défendu... » Anicet Kashamura, famille, sexualité et culture. Essai sur les mœurs sexuelles et les cultures des peuples des Grands Lacs africains. Paris, Payot, p.140). Il souligne même que de nombreux mythes expriment le caractère sacré de l’inceste et son rôle aux origines de la monarchie tant au Rwanda que dans les autres royaumes de la région des Grands Lacs africains.

Maquet a recensé les différentes catégories de personnes qui ne pouvaient pas se marier entre elles à cause de leurs liens de consanguinité ou d’affinité. Braver cette interdiction était ni plus ni moins commettre une sorte d’inceste. Ainsi les descendants dans la lignée patrilinéaire d’un ancêtre commun ne pouvaient pas se marier entre eux. Ce tabou s’appliquait au groupe de parenté maternelle car ce serait horrible et contre nature d’envisager une relation conjugale entre une mère et ses descendants et à toutes les personnes assimilées à la mère comme ses sœurs et ses cousins parallèles.

Cette prohibition s’appliquait également aux beaux-parents : un homme ne pouvait pas avoir des relations sexuelles à la fois avec sa femme et avec la mère de celle-ci. Tous les parents assimilés à la belle-mère se trouvaient dans la catégorie prohibée. Rentrent dans cette dernière catégorie également les nièces et les petites-nièces sororales d’un homme, celui-ci devant se comporter vis-à-vis d’elles comme un oncle même si elles appartenaient à un autre patrilignage. Une extension de ce tabou concernait les époux des oncles et des tantes car le conjoint d’une tante était considéré comme un oncle et vice-versa. La conclusion à laquelle est arrivée Maquet est que les tabous de mariage et de relations sexuelles avaient parfois le but ou la fonction de garder une certaine cohésion à l’intérieur du groupe des parents par consanguinité et affinité, en empêchant que ne naissent des rivalités et conséquemment des éclatements des lignages (Jean-Jacques Maquet, Le système des relations sociales dans le Rwanda ancien, Tervuren, 1954, p.82)..

Quelques exceptions méritent cependant d’être signalées. Dans des familles pauvres où le jeune avait de la peine à trouver la dot, il lui était arrangé un mariage avec sa cousine croisée du côté maternel. cousins.JPG

Il est à noter ici que la notion de ‘‘cousins croisés’’ est très étendue. Les cousins croisés peuvent être notamment, selon les peuples, les enfants d’un homme et ceux de sa sœur ou de son frère ; les enfants d’une femme et ceux de sa sœur ou de son frère. Par ailleurs la coutume du mariage entre cousins croisés n’est pas que rwandaise. Elle se retrouve dans plusieurs régions du globe : « Aux Indes dans la province d’Assam, dans plusieurs tribus d’Australie et de la Mélanésie ; (…) on la retrouverait même en Sibérie et en Amérique ; parmi les populations primitives on la rencontre chez les Vedda de Ceylon et les Naman (Hottentots) ; mais c’est peut-être en Afrique qu’elle est actuellement le plus largement répandue notamment parmi les populations soudanaises d’Ashanti et de Jibu (sous-tribu des Jukun) de la Nigérie ; Hamites Peuls de la Guinée Française et demi-Hamites du Ruanda et surtout parmi maintes tribus bantoues tant de l’Afrique du Sud que du Nyassaland et du Congo Belge ». (Jacques Delaere, A propos des cousins croisés, Bulletin des juridictions indigènes et du droit coutumier congolais, 14è année, n° 11, septembre-octobre 1946, p. 347).

Dans de tels mariages entre cousins, même si dot il y avait, il n’était pas élevé. En principe, la vie familiale était plus intime et plus harmonieuse dans de tels mariages et il y avait moins de difficultés de cohabitation entre la femme et sa belle-mère, celle-ci ayant pour bru sa propre nièce.

Le mariage entre les cousins relevait d’une certaine subtilité de la culture rwandaise. Ainsi, si un mariage était arrangé entre une cousine croisée du côté maternel comme nous l’avons souligné plus haut, il était tenu compte du principe qu’ une nièce peut « remettre le couvercle sur le petit panier de sa tante » (umwisengeneza ajya gupfundikira igiseke cya nyirasenge)  Autrement dit, une fille peut aller chercher le mari dans la famille dans laquelle s’est mariée la sœur de son père (nyirasenge). Le petit panier était symbole non seulement d’amitié mais aussi de confidentialité car il servait entre autres à garder ‘‘le trésor caché’’ de la femme (ses accessoires intimes, ses charmes…). Ce n’était pas n’importe qui qui pouvait accéder à ce panier, sauf la fille aînée de la mère ou la belle-fille choyée par sa belle-mère. Une fille pouvait donc épouser le fils de la sœur de son père, qui est son cousin croisé du côté maternel. L’nverse n’est pas faisable car « une fille ne peut revenir dans la maison » (nta mubokwa usubira mu rugo). Le mariage entre une fille et le fils du frère de son père ne pouvait pas être arrangé. Sinon, ce serait « un retour à la maison », dans la lignée paternelle, le système familial rwandais étant patriarcal.

Le mariage entre cousins croisés devait éviter de tomber dans une union considérée comme incestueuse par la coutume. Ainsi, le mariage entre des enfants d’une femme et ceux de sa sœur n’étaient pas possibles. Car cette dernière ne pouvait jamais, selon la coutume, se refuser au mari de sa sœur si l’occasion se présentait. L’un ou l’autre de ses enfants et ceux de sa sœur étaient donc considérés de ce fait, comme pouvant être éventuellement issu d’un même géniteur. Ils seraient alors plus des frères et des sœurs que des cousins. Le mariage entre eux était donc déconseillé. Par contre, le mariage était possible entre les enfants d’une femme et ceux de son frère. Les relations sexuelles entre un homme et sa sœur étant prohibées, il n’y avait aucune probabilité que certains de leurs enfants partagent un même géniteur. Ils appartenaient dans des clans et dans des lignées différentes. Le principe du « non retour de la fille à la maison » s’appliquait évidemment.

D’une manière générale cependant, des relations sexuelles entre un cousin et une cousine étaient tolérées. Une liberté sexuelle était même carrément reconnue par la tradition entre cousins croisés. On la désignait pudiquement par le terme « guterana ububyara » (se jeter le cousinage). L’expression signifie vulgairement «manifester sa familiarité, lors des blagues entre les personnes du même âge ». Le garçon, devenu jeune homme, était encouragé à fréquenter ses cousines croisées mariées afin qu’elles lui donnent des leçons sur la sexualité, théoriquement et pratiquement. Les proverbes suivants illustrent ce phénomène : «Utazi ko inshuti zashize agira ngo ejo azahura na mubyara we. : Celui qui ignore qu’il n’y a plus d’amis espère que demain il rencontrera sa cousine croisée ». Car elle était toujours disposée à aider son cousin notamment en matière sexuelle.

Dans le domaine des rapports sexuels, la consanguinité était, à tous les degrés de la lignée masculine, une cause d’empêchement au mariage. C’est peut-être pourquoi, exceptionnellement, des relations sexuelles entre un gendre et sa belle–mère, qui officiellement étaient considérées comme incestueuses, pouvaient quand même être tolérées si l’occasion se présentait. Les proverbes suivants sont éloquents à ce sujet : « Nyokobukwe si umuko : Une belle-mère n’est pas comme une erythrine » ; « Iyo nyokobukwe akunze ukurura ihururu : Si ta belle-mère est d’accord, tu tires son pagne de peau (tu la déshabilles pour faire l’amour avec elle) » ; « Umukwe w’isoni ahera mu mfuruka : Un gendre timide reste confiné dans un coin de la maison ; il n’ose pas rejoindre sa belle-mère au lit si l’occasion se présente ». De ces proverbes, il ressort que la belle-mère n’était pas à éviter comme l’érythrine qui a des épines. La réserve qu’il y avait dans les relations entre un gendre et sa belle-mère ne constituait pas un tabou sexuel. Un homme ayant réalisé l’exploit d’avoir des relations sexuelles avec sa belle-mère (kwenzuza) avait donc à la fois couché avec sa femme et avec la mère de sa femme (kwenda umwana na nyina). La coutume lui reconnaissait la capacité d’éloigner les fourmis qui envahissent les habitations (gutsirika intozi). Il était recherché pour la circonstance. Il suffisait qu’il crache sur ces insectes pour qu’elles prennent la fuite

En matière de consanguinité, il est établi qu’à partir de la troisième génération, toutes les barrières au mariage étaient de plus en plus levées ou n’étaient quasi pas prises en considération.

[Pour plus d’informations, procurez-vous le livre de Gaspard Musabyimana, Pratiques et rites sexuels au Rwanda, Paris, Editions L’Harmattan, 2006].

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 23:06

fille-encein.JPG« La sœur du chef B., de la région du Bwishaza, se trouvait dans cette condition. La grossesse devenue apparente, le chef décida de faire disparaître sa sœur, afin de parer, selon la croyance d’alors, aux grands malheurs qui n’auraient pas manqué de s’abattre sur le pays tout entier. De plus, ne pas agir, c’était braver le courroux du Prince régnant qui aurait sévi contre la famille de la coupable. On fit donc venir les Pygmées porteurs habituels des hamacs et hommes à tout faire.

 

La jeune femme prit place dans un hamac et le cortège se mit en route comme un voyage ordinaire, zigzaguant vers la colline Gitega, où l’intéressée devait attendre sa délivrance. Mais, oh ! Stupeur, on passa outre, les Pygmées ne lui ménageant pas leurs sarcasmes, insensibles aux pleurs et aux supplications de l’infortunée qui s’apercevait, hélas trop tard, de la supercherie. Déjà, on descendait vers le bord du lac. A Kibuye, elle fut déposée dans une pirogue pour voguer en direction de l’îlot Kabakobwa, battu des vagues, dont le nom rappelle bien l’usage qu’on en faisait : l’îlot aux jeunes filles ou abakobwa. L’abandonnant à son triste sort, les Pygmées s’en retournèrent rapporter à leur maître les malédictions proférées par sa sœur contre lui.

 

Et c’est ainsi qu’après deux jours d’angoisse et de souffrances, la malheureuse vit s’approcher une pirogue, croyant sans doute qu’elle venait en libératrice ; mais vaine espérance, car c’était pour hâter sa fin ».

 

[Extrait : A. Lestrade, La médecine indigène au Ruanda et Lexique des termes médicaux français-urunyarwanda. Bruxelles, Académie Royale des Sciences Coloniales, 1955, p.134].

 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 22:48

tutsi-hamite.JPG‘‘La légende de Bushi et de Buhavu s’accordent pour représenter l’inceste comme relation préférentielle dans la fondation du royaume havu. Vers les années 1500, dit le mythe, une guerre meurtrière mit aux prises les Shi et les Rwandais. Vainqueurs, les Rwandais capturent Nyi-bunga la fille de Na bushi, roi du Bushi, et l’amènent comme esclave à la cour du Rwanda. Mais après quelques mois, le roi du Rwanda, Gahima Yuhi Ier, lui aussi né d’une union incestueuse, chasse Nyi-bunga de la cour, car elle est mal élevée et étourdie. Il la renvoie à son père, en l’obligeant, pour la punir, à faire ce voyage d’une semaine entièrement nue, et à se présenter à son père dans cette tenue. Cependant, habituée à la liberté de mœurs qui règne au Rwanda, la jeune princesse supporte mal le puritanisme qui est de mise à la cour de son père.

La nuit, en cachette, elle va rejoindre son propre frère dans son lit, apportant ainsi au Bushi les traditions incestueuses du Rwanda. Horrifié, le prince veut appeler au secours, mais sa sœur lui explique l’utilité, pour un fils de roi, d’avoir des enfants incestueux. Ainsi commence la liaison du prince et de sa sœur. Quelques semaines après, Nyi-bunga est enceinte. Chacun sait, à la cour, qu’il s’agit d’une grossesse issue de relations incestueuses. Furieux, Na Bushi exile sa fille et l’envoie chez Na-ntale (le Roi-Lion), roi des Havu. Celui-ci n’a pas d’héritier. Quand Nyi-bunga met au monde un fils, Na-ntale l’adopte aussitôt comme son héritier, et lui donne le nom de Sibula. C’est ainsi qu’on appelle les enfants nés de relations incestueuses destinées à perpétuer la lignée.

Un mythe rwandais raconte la fondation des royaumes interlacustres par Kigwa, «l’homme descendu du ciel ». Kigwa a une soeur, Nyi-banda (la « Mère de la Terre »), belle comme la Lune. Nyi-banda met au monde des enfants nés d’un père inconnu et mystérieux. Chassée par sa famille, elle veut quitter le ciel et se réfugier sur la Terre : elle creuse un trou dans la voûte céleste et descend dans l’Ankole chez les Shwezi. Kigwa, inquiet du sort de sa sœur, part à sa poursuite et tombe du ciel lui aussi. Leur père, voulant rester en communication avec ses enfants et veiller sur eux, laisse ouvert le trou pratiqué dans la voûte céleste ; c’est par là que désormais la Lune éclaire la Terre, jusqu’alors obscure. Kigwa apporte aux hommes les armes qui leur permettront de dominer leurs voisins et de chasser les bêtes féroces ; Nyi-banda leur apporte les plantes, le bétail, le feu.

Pour sauvegarder la pureté de leur sang, Kigwa et Nyi-banda se marient. Le mythe dit donc le caractère sacré de la monarchie qui tire son origine du Ciel et se perpétue par l’inceste : le sacré, l’inceste et la monarchie sont inséparables.’’

(Anicet Kashamura, famille, sexualité et culture. Essai sur les mœurs sexuelles et les cultures des peuples des Grands Lacs africains. Paris, Payot, 1973, pp. 129-130).

 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 22:19

gusya.JPGLes proverberbes[i] ont l’avantage d’avoir résisté aux changements de certains traits de la coutume dus à l’influence de la rencontre entre la culture rwandaise et les autres cultures notamment d’origine occidentale. Ils conservent encore certaines réalités disparues avec le temps. Les proverbes choisis donnent d’importants renseignements sur la sexualité et les mœurs sexuelles dans le Rwanda ancien. Ils illustrent certaines réalités déjà évoquées dans les chapitres précédents.

¨Abakingiranye ingabo ntibakingirana inyegamo.

Ceux qui se sont protégés l’un l’autre de leur bouclier ne ferment pas l’entrée du lit. On ne refuse rien à un ami intime. L’entrée du lit est fermée par une sorte de fine vannerie appelée inyegamo. Le proverbe fait allusion à la liberté sexuelle reconnue par la tradition entre un homme et la femme de son intime.

Commentaire: Le phénomène d’échange de femmes (guhana ingo) entre deux amis intimes, a été décrit au point concernant ‘‘le partenariat sexuel’’.

¨Abasobetse imisumbi ntibaba bagihishanye amabya*.

Ceux qui s’entrecroisent les pubis, ne peuvent plus se cacher les testicules.

Commentaire: Une des méthodes de faire l’amour chez les rwandais était de s’asseoir sur une natte, face à face, en croisant les jambes et en se rapprochant pour un contact facile des sexes (kwicaza), jusque même au contact des pubis.

¨Akaboro gato karuta amabya masa.

Un pénis minuscule vaut mieux que les testicules seuls. Faute de grives on mange les merles. (Le proverbe a une variante ‘‘akaboro gato karuta agatsinsino* : un petit pénis vaut mieux qu’un talon du pied’’).

CommentaireDans la tradition rwandaise on trouve des anecdotes où la femme quittait son mari quand celui-ci n’avait plus de pénis suite soit à une maladie, soit à un autre accident quelconque. Un homme malade se serait vu amputé de son pénis. La femme qui était à son chevet se serait alors écriée  : ‘‘Ndagiye kuko uwo nari ndwaje yahuhutse = je m’en vais car le malade sur lequel je veillais vient de décéder’’. Autrement dit, l’homme sans son pénis est un homme mort.

¨Akabuno karusha isuka guca inshuro

Le derrière vaut mieux que la houe pour gagner la pitance. La débauche profite plus que le travail.

Commentaire: C’est surtout à la cour royale que les scènes de séduction avaient des effets. Les femmes n’épargnaient rien pour rentrer dans les faveurs d’un tel ou tel grand chef, bras droit du roi, ou pour lui soutirer des informations pour le compte du roi.

¨Akabuno ntigasa n’akakabyara gasa n’ako birarana.

Le derrière ne ressemble pas à celui qui l’engendre, il ressemble à celui avec lequel il couche. Dis-moi qui tu hantes et je te dirai qui tu es.

Commentaire : Dans l’ancien Rwanda, il était de règle générale que le couple se couche nu

¨Amata y’umukobwa aba imbere

Le lait de la fille se trouve à son devant (i.e à son sexe). Une fille qui ne trouve pas à se marier est vouée à la misère. Le lait symbolise la prospérité.

Commentaire: La fille considérait, à juste titre,  son sexe comme quelque chose de précieux qu’il fallait entretenir et offrir au futur mari.

¨Amenyo amerera ku majigo, inkoni igashibuka ku gishyitsi, imishino igashibuka kuri rugongo*

Les dents poussent sur les maxillaires, le bâton pousse sur le tronc d’arbre, les nymphes poussent sur le clitoris. Qui se ressemble s’assemble.

Commentaire : Les nymphes et le clitoris étaient étirés ‘‘pour les faire pousser’’.

¨Babona zireresa amabya bakagira ngo zimya zose* 

Les taureaux, malgré leurs testicules qui pendent, ne sont pas tous à même de monter les vaches. Une chose est d’avoir des moyens, une autre est savoir s’en servir.

Commentaire: Allusion faite aux impuissants : ils ont tous les organes génitaux, pénis et testicules, mais ils sont incapables de faire des relations sexuelles.

¨Barihima ba Mujyanama yasanze bamwendera umugore yica imboro*.

Barihima, fils de Mujyanama, ayant surpris sa femme en flagrant délit d’adultère, s’est coupé le pénis. Se dit de quelqu’un qui, dans un état de courroux, pose un geste qui lui fait du tort.

Commentaire : Dans le cas précis, l’homme pouvait bien répudier sa femme, par le biais de gusenda, et se chercher une nouvelle épouse.

Le proverbe montre néanmoins à quel point l’homme était peiné par l’adultère de sa femme.

¨Ibuguma y’umushino imira imikangara y’imboro eshanu*

La petite lèvre vulvaire expérimentée peut engloutir cinq verges. Rien ne vaut l’expérience.

Commentaire : La femme mariée avait un sexe plus développée que celui d’une jeune fille.

¨Ijambo libi likura imboro mu gituba

Une parole méchante sort le pénis du vagin. Un seul petit mot blessant peut rompre une profonde amitié.

Commentaire : Sauf cas de force majeur, une fois que le pénis est enfoncé dans le vagin, l’acte sexuel ne peut être interrompu qu’après l’éjaculation.

¨Ikibya cy’undi kirakandika*

Le gros testicule de l’autre est facile à comprimer. On est souvent content du malheur d’autrui.

Commentaire : Les testicules sont signe de virilité. Lors des expéditions guerrières dans l’ancien Rwanda, le vainqueur coupait les testicules (amashahu) du vaincu et les ramenait à la cour royale pour prouver sa victoire sur son ennemi.

Lors de certaines disputes, le faible tirait ou comprimait les testicules de son agresseur pour le neutraliser.(yamusoromye : il l’a cuelli ; l’mage est celle de quelqu’un qui cueille un fruit, en l’enlevant de son arbre). Certaines femmes recouraient à cette technique pour se défendre contre un mari trop violent. La clameur publique condamnait sévèrement une telle femme dont on disait également qu’elle avait trait [tiré les testicules de] son mari’’ (yakamye umugabo we). La femme n’avait plus de chance de se remarier tellement le geste était désapprouvé par la société entière.

Le proverbe ‘‘uko umugabo aguye si ko amabya ameneka’’ et qui se traduit par :‘‘Comme un homme tombe, ce n’est pas ainsi que ses testicules s’écrasent, signifie :’’Etre en danger ne veut pas dire y passer’’. Il montre l’importance des testicules chez l’homme et de leur très grande fragilité.

¨Imfizi icugita iby’isi ni Rugaju rwa Birahinduka

Le taureau qui caresse les choses de la terre c’est Le Roux, fis de ça-change. La fortune est versatile. Le Roux est le nom du taureau à robe rousse. Birahinduka est le nom fictif du versatile.

Commentaire: Le verbe gucugita signifie faire des mouvements saccadés de va et vient lors de l’acte sexuel, le pénis étant dans le vagin, à l’instar d’un taureau qui monte une vache. Gucumita qui est son semblable signifie littéralement enfoncer profondémént le pénis dans le vagin dans un mouvement vigoureux, sec et long, lors de l’acte sexuel.

¨Iminsi umugabo amara kwa mukeba siyo amara ikuzimu.

Les jours qu’un mari passe chez une rivale ne sont pas ceux qu’il passe aux enfers. Entre deux maux il faut choisir le moindre. Mieux vaut ton mari chez la rivale que mort.

Commentaire : Un mari polygame était l’objet d’une très grande attention de la part de ses épouses qui se livraient une concurrence rude pour se l’approprier. Pour ce faire, le recours aux charmes était monnaie courante.

¨Imishishi y’imishino ntishira inogonora*

On ne peut anéantir irréversiblement les nymphes et le clitoris, même en le battant avec un fléau. Il n’est facile pas de venir à bout d’un coriace.

Commentaire: L’image est celle des épis de mil qu’on bat avec un fléau pour en extraire des grains ; une fois qu’on les a suffisamment battus (kunogonora), il en reste des déchets (imishishi). Il n’est pas de même pour les petites lèvres et le clitoris qui restent avec leur valeur même après un acte sexuel prolongé, par la méthode de kunyaza.

La femme avec une courbe orgasmique très élevée souffre souvent de l’éjaculation avant terme de son partenaire. Traditionnellement, la réserve lui recommandait de ne pas insister. Mais l’on raconte le cas d’un certain Kamuzinzi, ancien chef de la région du Bugoyi, qui après avoir éjaculé, la femme non satisfaite lui demanda de continuer à lui faire l’amour. Kamuzinzi, pris de honte, se serait alors fâché et aurait dit à la femme : ‘‘Le roi m’a chargé de s’occuper du Bugoyi et non de ta vulve (ton anus)’’ (umwami yanshinze u Bugoyi ntiyanshize innyo yawe).

¨Imisumbi yahararukanye irahandana.

Les pubis qui n’ont plus d’attrait l’un pour l’autre se piquent l’un l’autre. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la gale. Les Rwandais se gardent le pubis bien rasé. Laisser pousser le poil est une sorte de négligence.

Commentaire :Les poils du pubis devaient être rasés régulièrement, surtout chez la femme, pour que la pénétration du pénis dans le vagin ne soit gênée en aucune façon. Cette précaution est un des conseils que l’on donnait à la fille avant d’aller se marier.

¨seins-imigani.JPGIndarikizi y’injuma yiseguye inzira*

Le débauché meurt en ayant la route comme oreiller.

Commentaire: Un débauché était la risée de l’univers. Le proverbe le présente, exténué, au bord de la route, ‘‘à la poursuite de la vulve’’. L’adultère était découragé. Un autre proverbe traduit la même réalité : «Indarikizi y’injuma yaguye i Shengampuri : ‘‘L’obsédé de la vulve’’ est mort à Shengampuri».

¨Indyalya ebyili iyo ziraranye bucya nta yenze indi.

Lorsque deux roublards passent la nuit ensemble, au matin, aucun n’a fait l’amour à l’autre.

A malin, malin et demi. Chacun reste éveillé, suspectant l’autre. Ainsi, aucun ne peut arriver à ses fins.

Commentaire: Les relations sexuelles étaient, dans la normale, faites la nuit et sur le lit conjugal.

¨Inkunzi y’imilyango ikoboka rugongo.

L’amoureuse de lignages s’écorche le clitoris. Il faut savoir opposer un refus à certaines exigences

Commentaire : Ici on fait référence à une méthode traditionnelle de faire l’amour consistant à asséner le clitoris de petits coups à l’aide d’un pénis en érection. On a l’impression que cet organe érogène va s’écorcher suite à ces tapotements prolongés. La variante de ce proverbe est ‘‘nshimwe y’umukobwa ikobora injuma’’* ( injuma : petite vulve)

¨Inkunzi y’imilyango icika inkangu mu nnyo.

L’amoureuse des lignages subit l’effondrement de l’anus.

Commentaire: Lors des relations sexuelles le liquide s’échappait du vagin. Il se déversait sur le lit. L’écoulement répété des sécrétions vaginales est comparé, d’une façon imagée, à une infiltration d’eau qui finalement provoque un éboulement du sol ou un torrent qui provoque un glissement de terrain lors de son passage.

¨Inshakura irongorwa kabiri.

L’astucieux a plus d’un tour dans son sac. Du sexe féminin, seules les filles portaient des huppes. Le proverbe fait allusion à une femme qui a été mariée et qui se laisse de nouveau pousser des huppes pour passer pour une jeune fille.

Commentaire : C’est « l’Eternel féminin » qui est souligné ici. Les huppes étaient une sorte de coiffure que les filles portaient pour se faire belle mais également pour revendiquer leur statut de jeune fille (virginité,...). Lors du mariage, le rasage des huppes mettait rituellement fin à ce statut.

¨Inshuti ziba nyinshi iyo mwambaranye ubusa iraguma.

Les amis sont nombreux ; celui avec qui tu étais nu se fait rare. Des amis de mauvais jours, celui qui devient riche oublie celui qui est resté pauvre.

Commentaire : L’expression ‘‘kubona ubwambu : voir la nudité de quelqu’un’’ était redevable. Deux partenaires sexuels, qui s’étaient déshabillés ordinairement l’un devant l’autre, ne devraient en principe rien se cacher, rien se refuser. L’acte sexuel est comme un pacte conclu entre les deux partenaires.

¨Isazi iswitse urutare iti birabe ntangare ntanga yanjye.

Une mouche ayant forniqué avec une pierre dit : que ça réussisse ça m’étonnerait, ô mon sperme. Utilisé par quelqu’un qui n’est pas convaincu de la réussite de son entreprise.

Commentaire: Allusion à une femme dont les parois vaginales ne faisaient pas suffisamment de sécrétions lors de l’acte sexuel. Le vagin était qualifié de sec et comparé à un rocher.

¨Inyamibwa y’imboro ni ishyutswe*

La verge qu’on préfère est celle qui est en érection. Il faut montrer sa valeur pour être apprécié.

Commentaire: Dans l’ancien Rwanda, avoir une verge qui ne pouvait pas aller en érection était le plus grand des malheurs pour une famille. C’était signe d’impuissance. Rien n’était épargné pour soigner cette anomalie.

¨Iyimiye mu gisigati ibalirwa na bose

De la (vache) qui a été saillie dans un chaume de sorgho, tout le monde compte les lunes. Si tu fais publiquement ce qui doit se faire en privé, tu deviens la fable de ton entourage.

Commentaire : L’acte sexuel était, au Rwanda ancien, entouré d’une très grande discrétion. Même dans des familles pauvres où les huttes étaient très exiguës, les parents devaient d’abord attendre que tous les enfants s’endorment avant de faire l’acte sexuel.

¨Iyo agashungo gashize agashino kayora ivu*

Quand il n’y a plus d’attrait, la petite lèvre vulvaire ramasse la cendre. Passé la fête, adieu le saint.

Commentaire: Une variante de ce proverbe est ‘‘iyo agashesho kashize agashino gashora ihene* : quand il n’y a plus rien à moudre, la petite lèvre vulvaire conduit les chèvres à l’abreuvoir’’. Une façon de dénigrer des unions passagères comme dans le cas de l’adultère.

¨Karabaye ntiyendwa.

ça-y-est, on ne fait pas l’amour avec elle. On ne peut compter sur le secours d’un peureux.

Commentaire : Pour faire l’amour il fallait des conditions propices ; la réserve était recommandée pour une femme. Karabaye est un mot qu’on lançait pour annoncer l’imminence d’un danger.

¨Murankorere ibindi nzivomera.

Faites-moi les autres (travaux), je puiserai moi-même mon eau. Chacun cherche à se réserver les travaux qui lui assurent un profit supplémentaire. Une veuve alla un jour puiser l’eau. Elle rencontra un homme qui fit l’amour avec elle. A partir de ce jour, elle se réserva de puiser de l’eau, travail qui revient habituellement aux enfants qui sont en mesure de l’accomplir.

Commentaire : Lors des rencontres fortuites comme par exemple, le soir, au ruisseau pour puiser l’eau, une femme pouvait être séduite par un homme et faire l’amour avec lui.

¨Nta gufwa ry’umusundi rirenzwa urugo*.

Les nymphes ne sont pas comme des os qu’on jette par dessus l’enclos après en avoir ôté la viande.

Commentaire : Après des relations sexuelles, les nymphes perdent leur tumescence mais leur gardent leur valeur et leur excitabilité.

¨Nta wubura ishyano ashyukwa

Nul n’est sans malheur alors qu’il n’est pas impuissant. Les fautes des enfants retombent sur les parents. Il s’agit ici de l’impuissance physiologique. Tout homme qui a des enfants doit s’attendre à ce qu’ils lui causent des ennuis par leurs fredaines.

Commentaire: Etre un homme, c’était pouvoir faire des enfants mais également en assumer l’éducation et endosser la responsabilité de leurs actes répréhensibles éventuels. Si le pénis doit aller en érection, c’est d’abord pour faire des enfants, avant autre chose.

¨N’uwendeye nyina mu nyenga yaramenyekanye

Même celui qui a fait l’amour avec sa mère dans un feu couvant sous terre a été découvert. On ne peut totalement dissimuler un méfait.

Commentaire: Avoir l’acte sexuel avec sa mère était tellement un scandale qu’il ne pouvait ne pas se savoir.

¨Nyira mbigira mbizi yiciye ururasago ku gituba rwanga kuva ati turaturanye n’ejo nzongera

Je-le-fais-sciemment s’est scarifié la vulve ; n’ayant pas saigné elle dit : nous cohabitons, demain je recommencerai. Il ne faut pas désespérer à cause d’un échec ; il faut recommencer.

Commentaire: Des scarifications étaient faites des fois sur les parties intimes surtout pour des raisons de se prémunir contre tel ou tel danger (gukagira). Des herbes médicamenteuses étaient frottées sur ces incisions.

¨Ubabaye niwe ubanda urugi

C’est celui qui souffre qui pousse la porte. C’est le principal intéressé qui doit se mettre le plus en frais.

Commentaire : Kubanda signifie ‘‘insister’’. Le proverbe fait allusion à un homme qui allait nuitamment toquer à la porte chez une femme d’autrui, dont il savait que le mari était absent. De tels hommes étaient souvent connus de tout le village.

¨Ubunwa bwagusomeye umugabo burakongorera ntiwumve.

Les lèvres qui ont baisé ton mari te chuchotent à l’oreille et tu n’entends pas. On reste sourd aux paroles des infidèles.

Commentaire: L’infidélité du mari amenait souvent la femme à consulter les devins. Ceux-ci lui donnaient des médicaments traditionnels, des charmes ou des philtres, à administrer au mari pour qu’il ne pense qu’à sa seule épouse

¨ikibo.JPGUbushiki ni ubulibwa

La relation frère-soeur, c’est celle qui se mange. La vraie fraternité n’est pas celle du sang, c’est celle de l’échange.

Commentaire: Les relations entre le frère et la sœur devaient porter sur l’entraide mutuelle et non sur les relations sexuelles qui étaient incestueuses.

¨Ukora icyo azi yendwa ahetse*

Celle qui sait ce qu’elle fait, fait des relations sexuelles avec l’enfant sur le dos. Rien ne vaut l’expérience.

Commentaire: Les rapports sexuels se faisaient d’habitude sur le lit. La femme devant dans la plupart des cas se coucher sur le dos les jambes écartées, il lui serait difficile d’adopter cette position alors qu’elle porte un enfant sur le dos

¨Umugore bamukubitiye gusambana ati nasekwa nutakimeze.

Une femme qu’on a battue pour s’être méconduite dit : ne peut se moquer de moi que celle qui n’a pas de (vulve). Il ne faut pas se moquer du malheur d’autrui car on ne sait pas ce que l’avenir réserve.

Commentaire : Dans le Rwanda ancien la femme infidèle prise en flagrant délit était battue par son mari et renvoyée chez ses parents.

¨Umugore mwiza ataba uwawe yaba uwa mukuru wawe.

Une femme bien si elle n’est pas la tienne, puisse-t-elle être celle de ton grand frère. En effet, puisqu’elle vient de ton lignage, tu peux en profiter toi aussi.

Commentaire : Se coucher avec la femme de son frère était toléré et même quelquefois recommandé quand le frère était absent pour une longue période.

¨Umugore si amabere n’ihene igira abili.

La femme ce n’est pas les mamelles ; la chèvre en a aussi deux. Ce n’est pas tout de la femme d’être de son sexe ; elle doit aussi posséder quelques qualités.

Commentaire : Dans le système où la polygamie était fréquente, la femme devait être compétitive en satisfaisant son mari sexuellement mais également en se montrant comme une grande travailleuse surtout pour les travaux des champs et de soins du bétail.

¨Umugore yiteye agatsinsino bati uheje imilyango myinshi.

A une femme qui s’était mis le talon (sur la vulve) on dit : tu fais disparaître un grand lignage.

Commentaire : Une femme frigide ayant des rapports sexuels difficiles, elle ne peut pas procréer périodiquement comme le veut la tradition.

¨Umugore w’umusaza ntaherekeza urwenya.

La femme d’un vieillard ne mène pas la plaisanterie jusqu’au bout. Il faut savoir s’adapter aux circonstances. Allusion aux taquineries sur la sexualité entre les époux. Si la jeune femme insistait trop, son vieillard de mari pourrait devenir jaloux et la soupçonner d’infidélité.

Commentaire : En matière de sexualité, c’est l’homme qui prenait des initiatives. Une femme qui allait au-delà de ce principe de retenue était qualifié de kwibambaza ou alors kwibangulira à la manière de certains animaux en chaleur qui recherchent intensément les mâles. Ce qui était contre la coutume.

¨Umugore w’undi aralyoha

La femme d’un autre est délicieuse. C’est toujours mieux chez le voisin.

Commentaire : Ce proverbe illustre encore l’infidélité qui était toléré chez l’homme. Celui-ci pouvait convoiter la femme de son voisin. Mais l’inverse ‘‘umugabo w’undi aralyoha : l’homme d’autrui est délicieux’’ n’existe pas dans la tradition rwandaise.

¨Umuhutu urenzwe arenza nyina akaguru

Le hutu opulent met la jambe sur sa mère. Le parvenu se moque de la coutume. « Mettre la jambe sur » est un euphémisme pour « faire l’amour avec ».

Commentaire : Les relations sexuelles entre une mère et son enfant étaient prohibées par la coutume. Elles étaient incestueueses.

¨Umukobwa w’ubwira asambana asabwa

Une fille pressée fait l’amour bien qu’elle ait été demandée en mariage. Tout vient à point à qui sait attendre.

Commentaire: La virginité était exigée au mariage. Il serait inconcevable que la fille accepte d’être déflorée à l’approche de la célébration de ses noces.

¨Umukobwa wahiliwe yibwira ko akirusha abandi

Une fille heureuse se dit qu’elle a un meilleur (vagin). Le chanceux attribue sa chance à ses propres mérites.

Commentaire: La valeur de la femme ne tient pas seulement à son sexe mais aussi à ses capacités à effectuer des travaux ménagers.

¨Umuja asambanye na shebuja ati nyili akantu yishyikiye.

Une servante, ayant fait l’amour avec son maître dit : le possesseur -d’un -petit- quelque - chose est arrivé. Le serviteur se réjouit lorsque son maître devient son obligé.

Commentaire : Il n’était pas rare que dans des familles aisées de la haute aristocratie, une servante couche avec son maître.

¨Uruhahira babili iyo rutazanye ibinyoro ruzana  mburugu

Le (foyer) qui est ravitaillé par deux, s’il n’apporte pas le pian, apporte la syphilis. L’inconduite des membres d’une famille la ruine.

Commentaire: Une façon de décourager l’adultère en brandissant les maladies qu’il peut occasionner.

¨Ushaka kugishira ipfa aracyibyalira

Celui qui veut se rassasier d’une (vulve) l’engendre pour lui-même. On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Celui qui engendre une fille en verra le sexe à volonté et sa curiosité sera satisfaite. Autrefois, les enfants allaient nus jusque vers l’âge de la puberté.

Commentaire : Les cas très rares d’inceste entre un père et sa fille auraient été constatés dans le Rwanda ancien.

¨Ushaka ko imboro zambuka uruzi abanza ibituba

Qui veut que les pénis traversent la rivière (fait) d’abord (traverser) des vulves. Qui se ressemble s’assemble.

Commentaire : C’est l’attirance entre les sexes opposés qui est soulignée. En effet, l’homosexualité était très rare voire même inexistante dans le Rwanda ancien

¨Ushaka ntababalira imisumbi

Qui veut faire l’amour n’a pas pitié de l’aine. Celui qui veut une chose ne doit pas craindre les souffrances qui en découlent.

Commentaire: Pour faire l’amour, la femme doit écarter suffisamment les jambes, pour permettre à l’homme de la pénétrer. Cette ouverture doit se faire sans se ménager.

¨Usiga umugeni ku cyanzu ukajya kwenda uwo ku cyavu.

Tu laisses la fiancée près de l’entrée de derrière et tu vas prendre celle près du dépotoir. C’est toujours plus beau ailleurs. Reproche adressée aux jeunes gens qui refusent de se marier dans le voisinage et vont chercher des mégères au diable vauvert.

Commentaire : Pour aller chercher une fiancée pour leur jeune homme les parents préféraient faire des investigations dans le voisinage non lointain. C’était le moyen le plus sûr de connaître la fille avec tout son lignage

¨Usuzugura agatuba ka mukeba kakagutwara umugabo*

Tu te moques de la petite vulve de ta rivale et elle te ravit le mari. Les apparences sont trompeuses.

Commentaire: Il ne suffit pas d’avoir une marchandise, mais aussi il savoir la présenter. La femme avec ‘‘une petite vulve’’ peut parvenir à élever ses prestations sexuelles par d’autres mécanismes compensatoires dont les soins excessifs apportés au mari.

¨Utazi ikibabaje umugabo amutuka gushahurwa

Qui ne sait ce qui tient à cœur à un homme lui souhaite la castration. Point d’homme sans virilité. Lorsqu’un homme se fait castrer, on enterre ses testicules avec toutes les cérémonies funéraires d’usage ; puis lorsqu’il meurt on jette tout simplement son corps dans la brousse.

Commentaire : La castration était une des punitions extrêmes infligées par les détenteurs du pouvoir dans l’ancien Rwanda. Le cas le plus célèbre est celui de Kabare, frère de Kanjogera. Celle-ci est mère du roi Musinga. Le roi Rwabugiri, époux de Kanjogera, ayant appris par des devins que Kabare allait avoir un enfant qui pourrait devenir roi, le castra. Kabare, du clan des Abega, garda une dent contre les Abanyiginya dont était issu le roi Rwabugiri. A la mort de celui-ci, Kabare ne lésina pas sur les moyens et fit exterminer toute la famille Rutalindwa qui avait succédé à Rwabugiri et intronisa Musinga. Ce bain de sang est connu dans l’histoire du Rwanda sous le nom de ‘‘Coup d’Etat de Rucunshu’’. (Rucunshu est une localité située dans la préfecture de Gitarama, tout près de Shyogwe. Il y avait une résidence royale). Cela s’est passé vers les années 1895.

L’insulte ‘‘uragashahurwa : que tu sois castré’’ était très grave surtout quand elle était adressée par une femme à un homme. Quand celui-ci était son mari, le divorce était immédiat.

¨Utazi ikimuhatse arora imboro ya se igitsure

Qui ne sait pas dont il dépend regarde le pénis de son père avec dédain. L’ignorant méprise parfois celui dont il dépend.

Commentaire: Il n’était pas rare que les enfants lorgnent sur les sexes de leurs parents. Sans sous-vêtement et vêtus de peaux, le sexe était souvent à découvert surtout lors des positions assises. Les enfants en profitaient pour satisfaire leur curiosité.

¨Utazi umurera amureresa ho amabya

Qui ne connaît pas le Rera laisse ballotter au-dessus de lui ses testicules. Il ne faut pas provoquer l’irascible. Les Rera, habitants du nord-ouest du Rwanda, sont reconnus pour la vivacité de leur tempérament. L’image est celle d’un homme à califourchon sur une personne couchée, signe de profond mépris.

Commentaire : Le proverbe fait allusion au geste de tirer les testicules d’un adversaire pour s’en débarrasser, lors d’une altercation

¨Uwabike ntasaba arasumbakaza

Le pauvre ne demande pas en mariage une jeune fille, il épouse une femme qui a été déjà mariée. Chacun agit selon ses moyens.

Commentaire : Umusumbakazi est une femme qui a divorcé. Sa cote est par ce fait diminuée. Pour se remarier, elle se contente souvent d’un vieux mari quelquefois veuf. C’est ce qu’exprime ces autres proverbes ‘‘umusaza agirwa n’umusumbakazi : le vieux ne demande pas une fille en mariage, il  se rabat sur une femme déjà mariée’’ ; ‘‘umusaza ahuye n’inkumi ati hobe ibyansize : un vieillard , ayant rencontré une jeune fille, dit : salut ! Ce qui m’est inaccessible’’.

¨Uwambaye ubusa niwe ugira ndende

C’est celui qui est nu qui a un long pénis. Le pauvre ne peut rien cacher ; il est donc une cible facile pour la critique.

Commentaire : L’importance de la longueur du pénis était un sujet de préoccupation pour les femmes

inanga.JPG¨Uwashirijwe n’intorezo ntiyadonderwa n’irago

Celui pour qui a fendu la hache ne peut accepter les petits coups de la fléchette. On prête cette parole à une vieille qui venait de faire l’amour avec un enfant.

Commentaire : Physiologiquement parlant, un enfant n’est pas encore apte à faire l’amour à un adulte. Ces paroles ont été prêtées à une vieille parce qu’elle n’avait pas été satisfaite dans cette relation avec quelqu’un qui n’en avait pas encore les possibilités. L’insatisfaction de la femme, lors des rapports sexuels à l’arraché, était exprimée par des mots comme : ‘‘yantobye’’, le mot ‘‘gutoba’’ signifiant au figuré ‘‘ne pas bien faire’’.

¨Uwenze uw’undi yiga gusya

Qui prend (la femme) d’autrui apprend à moudre. Toute chose finit par retourner à son propriétaire. Si tu prends la femme du voisin, il viendra la reprendre et tu te retrouveras seul devant faire toi-même les travaux ménagers.


Gaspard Musabyimana

20/02/2011



[i] Hormis ceux qui munis d’un astérisque, tous les proverbes et leurs traductions sont tirés de : Crépeau et Bizimana, Proverbes du Rwanda, Tervuren, Museé Royal de l’Afrique Centrale, 1979. Leurs commentaires sont de l’auteur.

 

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Published by Kiroha
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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 21:10

copulation-rituelles-sein.JPGQuand un couple perdait un enfant, la femme était soumise à un tas de rites destinés à éviter un autre décès éventuel. On pilait des feuilles des arbres sauvages spécifiques. La pâte était donnée à la femme qui allait dans un endroit retiré, se déshabillait et l’enfonçait dans son vagin. Elle la retirait et venait la déposait à la dépouille mortelle de son enfant. Si le cortège funèbre était parti à la tombe, la femme jetait cette pâte dans la direction où la tombe avait été creusée. Elle ne pouvait se livrer à aucune activité avant qu’elle n’ait des relations sexuelles rituelles d’ « éviter la mort » (kumara akanapfu). Elle ne pouvait pas par exemple toucher aux autres enfants car ils risqueraient la mort. Même si elle était allaitante, l’enfant ne pouvait plus téter. Elle ne pouvait pas partager un repas avec qui que ce soit car «elle lui transmettrait la mort ».

 

Cet « acte conjugal plutôt incomplet » et exceptionnel - car l’abstinence était de règle pendant le deuil- était fait directement, sitôt que le cortège funéraire revenait de l’enterrement. Les relations sexuelles avaient lieu sur une vieille natte étendue par terre et non sur le lit conjugal. Si le mari était absent il était remplacé par un des membres de sa famille, comme l’un des frères du mari, l’un des cousins parallèles du mari ou le parrain mythique de la famille. S’il n’y avait pas quelqu’un pour ce rite, la femme prenait des médicaments prévus à cet effet. La natte ayant servi dans la copulation était brûlée et la cendre jetée dans un trou à ordures ou dans une termitière. L’abstinence était alors rigoureusement observée jusqu’à ce que ‘‘la bonne menstruation survienne’’.

 

Les règles survenues après la mort d’un enfant avaient un nom bien évocateur «amabi » signifiant que ce sang n’était pas bon, et était porteur de malheur. Les relations sexuelles étaient suspendues jusqu’à la venue des autres règles qui devraient cette fois-ci être du «bon sang ». La période d’abstinence étant longue, il arrivait que le mari, en état d’ébriété par exemple, brave ce tabou et se livre aux rapports sexuels avec sa femme. Si par malheur la femme concevait pendant cette période de deuil, l’enfant était dit «enfant de malheur » (umwana w’amabi) ; il était en principe condamné à mort en l’abandonnant dans un endroit désert après sa naissance, pour éviter qu’il ne provoque des malheurs à la famille. Un enfant conçu dans ces conditions, ne saurait être qu’un porte-malheur. Autrefois, on le faisait disparaître, en l’abandonnant dans un marais ou en provoquant l’avortement.

 

Le rite d’ «éviter la mort » était si important que même une femme divorcée avait l’obligation de rejoindre le père de l’enfant pour une copulation rituelle ; si le couple divorcé s’était remarié chacun de son côté, rien ne pouvait empêcher cette rencontre, car l’omission de cet acte rituel exposerait chacun aux malheurs de toutes sortes. Dans le cas extrême où les retrouvailles ne pouvaient se faire, la femme comme le mari, accomplissait un autre rite consistant à uriner dans un étui fait d’écorce de l’arbuste ikinetenete que l’on jetait ensuite dans un trou creusé entre les rochers en disant : « Voici ta femme »,  comme si la femme s’adressait à un son ancien mari et l’homme comme s’il s’adressait à son ancienne épouse disait : « Voici ton mari ».

 

A la mort d’un parent, et directement après l’enterrement, toutes ses filles mariées devaient faire des relations sexuelles rituelles d’ «en terminer pour le parent » (kumarira umubyeyi). Elles avaient pour but de «chasser la mort et la stérilité ». Dans le cas où la fille n’était pas encore mariée, mais qu’elle avait été demandée en mariage, elle était emmenée chez son fiancé. Des cérémonies sommaires de mariage étaient arrangées pour qu’elle puisse avoir des relations sexuelles rituelles à cette occasion. Une jeune fille encore célibataire quittait la maison familiale et allait vivre chez le parrain mystique umuse jusqu’à la fin du deuil.

 

Quant aux garçons et aux petites filles, ils étaient associés aux cérémonies funéraires dans la famille même. Ces relations sexuelles constituent une exception, car l’abstinence était de règle jusqu’à la fin officielle du deuil. Pour un homme qui vient de perdre l’un de ses parents, aucune exception ne lui est permise. Il doit s’abstenir de l’acte sexuel jusqu’à la fin du deuil. Violer cette prescription : « kurya umubyeyi we mubisi : manger son parent encore tout chaud, tout cru », devait, selon la coutume, provoquer la mort ou alors le contrevenant attraperait la lèpre.

 

Chaque femme avait l’obligation, où qu’elle se trouve, d’observer le deuil pour celui qui l’avait épousé avec la couronne umwishywa, véritable scellé de mariage comme nous l’avons vu. Une période de restriction plus ou moins longue était suivie par des cérémonies de détente dans lesquelles la veuve «était blanchie » (kweza) par un des frères du mari ou à défaut par un autre membre de la famille. Une litanie de cérémonies précédait ce rite : rasage des cheveux, de la barbe, des poils des aisselles, du pubis et de l’anus ; récitation des incantations évoquant les esprits des trépassés et la cérémonie de «vomir la mort » (kuruka urupfu). Le tout baignait dans un climat plutôt de fête qui devait durer toute la journée. C’est au petit matin, au premier chant du coq, qu’avait lieu le kweza. L’homme, muni d’une petite cloche, invitait la veuve au lit et lui faisait l’amour. C’est le rite de «blanchir une veuve ».

 

Quand l’acte sexuel était terminé, l’homme sonnait la cloche et toute l’assistance applaudissait et clamait des cris de joie. Tous les hommes présents à ce moment étaient invités, à tour de rôle, en commençant par le plus âgé, à aller sur le même lit pour des rapports sexuels avec leurs femmes. S’il y avait un homme polygame dans l’assistance, il devait faire l’amour avec toutes ses femmes en commençant par la plus âgée d’entre elles. Chaque homme avant d’inviter sa femme à cette copulation rituelle, devait commencer par lui donner un petit cadeau. Les jeunes gens ayant les poils du pubis recevaient une femme expérimentée pour cette copulation rituelle. Les tous petits enfants recevaient une sorte de «nettoyage » approprié (icyuhagiro).

 

Cette copulation rituelle souffrait d’une seule exception. Certaines rares femmes, pour des raisons diverses comme la vieillesse, ne pouvaient pas se prêter à cette copulation rituelle. Dans ce cas, on cherchait un homme étranger à la famille. On recueillait ses urines dans un étui de bambou. La veuve les versait sur la chaise et s’asseyait dessus en prononçant des incantations spécifiques. C’était un simulacre des relations sexuelles.

 

Quand la foudre (inkuba) avait électrocuté une personne dans la famille, ou des animaux domestiques ou détruit une maison, il fallait apaiser son courroux par le rituel dit kugangahura suivi d’un acte sexuel pour conjurer le malheur.

 

[Pour plus d’informations, procurez-vous le livre de Gaspard Musabyimana, Pratiques et rites sexuels au Rwanda, Paris, Editions L’Harmattan, 2006].

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Published by Kiroha
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