Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 20:31

Ecraser-le-manioc-ou-piler-le-sorgho-Grands-Lacs-15-avril-1.JPG La femme qui mettait au monde pour la première fois était appelée iriza et l’enfant uburiza ou imfura (l’aîné). Pour la seconde fois, elle était impeta et l’enfant ubuheta. Pour la troisième fois, elle avait le nom de impeture et l’enfant était ubuheture. Le dernier enfant portait le nom de bucura (le benjamin) et était connu pour son comportement pleurnichard (bajeyi) car il voulait être l’objet de toute l’attention.


Pour la septième naissance, la femme « avait cassé sept », yashije indwi. Elle était décorée d’un insigne umudende, un morceau de fer forgé artisanalement qu’elle portait au cou ou à la ceinture. A partir de la septième naissance, l’enfant portait automatiquement le nom propre correspondant au rang qu’il occupait dans la fratrie. Ainsi le septième enfant avait comme nom Nyandwi (karindwi « sept »), Myasiro, Nyamwasa, Rwasa, ou Nyirandwi, Nyiramyasiro s’il s’agissait d’une fille.


Le huitième enfant était dénommé Minani (umunani « huit »), Nyaminani, Kanani, Nyiraminani ou Nyirakanani s’il s’agissait d’une fille.  Le chiffre « huit » est un chiffre de partage de biens entre les enfants : « avoir son héritage » kugira umunani. Il est également le chiffre du dédommagement. Le neuvième enfant portait le nom de Nyabyenda (icyenda « neuf ») ou de Byenda. Le chiffre « neuf » était mystique. On le rencontre dans le kubandwa. Les trois principales cérémonies de ce rite étaient chaquefois faites à trois reprises, jusqu’à faire la somme totale de 9, kwiraba ingwa (s’enduire du kaolin : geste exécuté 3 fois), gutondagira inka yabazwe (tâter la vache abattue pour la circonstance : 3 fois) et kwiyuhagira (se laver : 3 fois). Le dixième enfant était Macumi (icumi « dix »), Secumi, Bucumi, Nyiracumi ou Nyiramacumi pour une fille. Le dixième enfant portait généralement le sobriquet de Kabumba (celui qui réduit) comme si le conduit venait de s’atrophier et ne pouvait que difficilement laisser passer un autre enfant, qui serait par ailleurs un supplément. C’est la raison pour laquelle le onzième enfant était dénomméMisago (qui dépasse ), Nsaguye, Nyiramisago ou Nyiransaguye pour une fille.

 

Les noms de Misigaro, Gasigwa, Nyiramisigaro et Nyiragasigwa étaient donnés en cas de décès des premiers enfants d’une même mère ou quand le père est mort en laissant sa femme enceinte. Il en est de même des noms comme Nzakamwita ou Nzabamwita (« je lui donnerai un nom plus tard », sous entendu, « si jamais il survit »). Quant au mort-né ou un nourrisson décédé avant le jour des relevailles, on l’appellait « ikigirazina » (qui porte le nom). On évitait de le désigner par « ikiburazina » ou l’innommé, pour ne pas s’attirer la vindicte de son esprit revenant. Car le mort a en lui une âme umuzimu ou esprit incarné.

 

De même, les âges de la vie étaient désignés par différents noms : « nouveau-né » uruhinja ; « enfant qui commence à sourire (même à l’ennemi) », igisekeramwanzi (guseka « sourire » ; umwanzi « ennemi ») ; « enfant qui marche à quatre pattes » igitambambuga (litt. : qui parcourt l’aire de l’enclos) ; « l’enfant qui apprend à marcher », umwana utaguza ; l’enfant sevré, incuke. Les termes étaient différents pour désigner les filles et les garçons durant la pré-adolescence. Pour les garçons : « impubère » ingimbi ;  « nubile » ingaragu ; « à l’âge de se marier » umusore. Pour les filles : « impubère » umwangavu (litt. : qui évite la cendre car elle commence à aimer la propreté, à se faire belle) ; « nubile » inkumi ; « qui peut se marier ou jeune mariée » umugeni.

 

Après le mariage, la dénomination des âges était également différente chez les hommes et les femmes. Pour les hommes : « jeune marié » umusore ; « homme viril » umugabo ; « homme d’âge mûr » igikwerere ; « homme qui montre des signes de vieillesse » igihumuza ; « vieillard » umusaza ; « vieillard sénile » ruhiriri ; « vieillard au dernier degré » rukukuri. Pour les femmes : « jeune mariée » umugeni ; « mariée de quelques mois » ikirongore ; femme primipare » iriza ; « femme multipare, qui aborde la ménopause » ijigija ; « vieille femme » umukecuru ; « vieille femme sénile » nyaminaga ; « vieille au dernier degré » urujyo (litt. morceau de pot en argile, donc sans beaucoup de valeur).

 

[Pour plus d’infos, consultez le livre de Gaspard Musabyimana, Pratiques et rites sexuels au Rwanda, Paris Editions L’Harmattan, 2006].

Par Kiroha
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